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À Derby, "on trie les vieux"

Chère lectrice, cher lecteur,

À Derby, charmante commune anglaise de 250 000 habitants, on a décidé de tester l’Intelligence artificielle d’une façon un peu particulière. Si étonnante que même la radio RTL, en France s’en est scandalisée [1].

En effet, c’est un logiciel qui va décider si vous êtes autonome ou pas, si les services sociaux de la mairie ont encore le devoir de s’occuper de vous, ou si vous êtes bon pour l’EHPAD.

Les Anglais ont inventé la dystopie - la science-fiction sinistre - mais on ne pensait pas qu’ils l’appliqueraient avec autant d’acharnement chez eux...

Après tout, comme le disait le petit slogan populaire pendant la pandémie : « Orwell ne devait pas être un manuel. »

La rentabilité ? En Angleterre, c’est de se débarrasser des vieux

Le gentil petit article de RTL nous aura appris deux choses :

  • Que Derby était déjà un laboratoire de l’IA appliquée à la gestion municipale, pour son logiciel qui répond au téléphone sur l’épineuse question du tri des poubelles. Avec une efficacité dérisoire : elle ne comprend rien à l’accent des habitants.
  • Que le logiciel a coûté 8 millions d’euros, pour permettre 6 millions d’économie par an à la ville.

On a du mal à discerner ce qui est le plus dégoûtant :

Que les habitants n’aient pas eu voix au chapitre. Ou qu’il ait fallu que Le Telegraph dénonce l’affaire, ce qui signifie que les autorités municipales n’entendaient pas en parler à ces mêmes habitants...

C’est à la fois plus anodin et bien pire que cela. C’est la banalité du mal à l’état pur.

Nous sommes tous des "inutiles" en puissance...

Hannah Arendt est une philosophe qui s’est penchée de près sur le procès d’Adolf Eichmann, le responsable logistique de la Shoah. Dans le livre qu’elle en a tiré, elle expose le concept de la banalité du mal.

En effet, comment expliquer qu’une foule d’individus participe à un massacre de masse, en assurent tranquillement la logistique, sans que sur chacun d’eux ne s’exerce la culpabilité ?

Sentiment qui pourrait donner lieu à un renoncement ou à un éventuel sabotage...

Hannah Arendt souligne alors que la rationalisation des tâches, leur découpage, ainsi que la bureaucratisation du procédé, son anonymisation, permet la parfaite fluidité d’une opération moralement insoutenable.

Il s’agit avant tout de faire en sorte que chacun n’ait que l’impression de faire son devoir, ni plus ni moins...

Grâce à l’Intelligence artificielle, nous ne sommes plus que des nombres

Femme aux cheveux longs de profil sur fond bleu avec des chiffres informatiques jaunes sur le visage

Ce qui déculpabilise les membres d’une telle administration, c’est qu’ils deviennent les rouages aveugles d’un régime totalitaire.

Ils prétextent qu’ils ne pouvaient pas faire autrement... pourtant, tant d’autres ont refusé de se salir les mains, même sous un régime assassin.

Mais désormais, l’industrialisation du crime, le travail logistique est désormais fait par intelligence artificielle, « IA ».

L’idée reste la même : efficacité, discrétion. Après tout, il ne s’agit que d’un logiciel comptable, n’est-ce pas ?

On tremble d’imaginer l’efficacité comptable qu’aurait l’IA avec un régime génocidaire, comme il y en eu tant au XXème siècle.

Et c’est bien ce qui fait tiquer, avec cette histoire de Derby...

On assassine discrètement, tant qu’à faire

On commence à avoir un peu peur du sort de nos aînés. Certes, nous ne sommes que des nombres pour notre administration, ce n’est pas une nouveauté.

Toutefois, la mise en place du système de Derby - appelons-le ainsi - signifie quelque chose de beaucoup plus trouble.

Cela signifie que notre société voit désormais la vieillesse comme un poids pour la société, et quelque chose dont la gestion doit être automatisé.

Les vieux nous encombrent ? Rationalisons leur débarrassage, tout simplement...

Alexis de Tocqueville avait inventé l’expression de despotisme doux. Nous avons avec le système de Derby, aussi répugnante qu’en soit l’idée, du "nazisme doux"...

Nous ferions mieux de trembler...

On ne fait plus trier les "inutiles" par des soldats sur un quai de gare. On fait trier les inutiles par un logiciel qui n’aura, on nous l’assure, "pas la décision finale". Elle reviendra à un humain.

Vous devez, comme moi, pousser un soupir de soulagement. Ou pas. Pas du tout même.

Parce que l’idée d’être pesé, compté et divisé dès que nos forces se mettent à décliner renvoie à ce qu’il y a de plus sombre dans la nature humaine.

Et on retrouve cette tendance à toute époque. Le cliché du soldat vêtu de cuir noir et arborant une tête de mort est daté. Une simple caméra prend désormais le relais.

Il s’agit chaque fois, au lieu de nous imposer un totalitarisme complet, de voir jusqu’à quel point nous pouvons être dociles. Jusqu’à quel point nous nous laissons faire...

Et comment on peut faire grandir la méfiance au point de désarmer d’avance toute résistance.

Depuis la pandémie, nous avons l’habitude, hélas. Et nous voyons bien que ceux qui entendent transformer l’individu en chose ne se découragent pas. Ils comptent bien arriver à leurs fins...

Les mondialistes, ingénieux dans l’horreur

Les Grecs anciens avaient inventé le genre de la tragédie. L’un de ses thèmes centraux était l’idée de démesure, ou hubris.

Cela signifiait que, lorsqu’un dirigeant transgressait des lois sacrées, les dieux s’arrangeaient pour qu’il connaisse une mort assez atroce pour décourager qu’on l’imitât.

C’est assez probablement ce qui va se passer avec le camp des mondialistes, qui chaque jour, s’obstine à réduire l’individu à une dimension comptable, et à le rendre dispensable.

Lorsque des "élites" sont à ce point obsédées par la prédation, elles perdent la mesure de ce qui est acceptable. Et on sent, partout en Europe, ce parfum de révolution qui couve.

Mais nous, en personne, qu’est-ce qui nous attend ?

Le retour à la famille

Le déséquilibre entre les générations rend, IA ou non, de plus en plus compliqué le fait de s’occuper comme il le faut de nos aînés.

La crise démographique que nous subissons est violente, et elle nous rappelle combien notre descendance nous est précieuse.

Car si elle ne peut pas toujours s’occuper de nous aussi bien qu’une aide à domicile, quand nous nous retrouvons fragilisés, elle reste toutefois la première à pouvoir nous protéger contre une administration qui entend bien trier l’humain.

Prenez soin de vous,

Dr. Thierry Schmitz

[1] https://www.rtl.fr/actu/international/intelligence-artificielle-a-derby-l-avenir-des-personnes-agees-desormais-suspendu-a-l-avis-d-un-robot-7900533027

À Derby, "on trie les vieux"
Dr. Schmitz 17 april 2026
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